Météo en Martinique
Relevé Fort de France

Le 21-08-2017 à 09:00
Soleil et nuages
Température: 28°C
Ressenti : 35°C
Vent : 11 km/h
Direction : sud sud-est
Humidité : 84%
Pression : 1015 mbar
Pression : tendance texte
Point de rosée : 26°C
Visibilité : 9 km

lu:21-08 Pluie  31/ 24°C
ma:22-08 Pluie  31/ 24°C
me:23-08 Soleil et nuages épars  31/ 25°C
je:24-08 Soleil et nuages épars  31/ 25°C
ve:25-08 Soleil et nuages épars  30/ 25°C
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di:27-08 Soleil et nuages épars  30/ 25°C



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Réfrigération marine

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Rubrique : Techniques

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ClimatisationVersion imprimable de cet article

Le contexte :

Vous avez choisi de naviguer en eaux tropicales, mais la chaleur vous est désagréable ? On peut supposer qu’au mouillage tout va bien, mais il est vrai que les marinas sont généralement implantées dans des sites protégés des vents dominants. C’est normal, on va dans un port entre autres pour se protéger du mauvais temps…

En plus de la chaleur, il y a parfois des moustiques en prime !

Reste la possibilité de climatiser le bateau, et là, les solutions sont multiples.

Tout d’abord, quelles sont les possibilités d’un système de climatisation, à part rafraîchir l’atmosphère ?

  • Assécher le bateau par condensation de l’humidité de l’air sur l’évaporateur.
  • Chauffer le bateau en climat froid en inversant le cycle. (Mode pompe à chaleur)

Que trouve-t-on sur le marché ?

  • Le climatiseur portable.
  • Le climatiseur monobloc.
  • Le climatiseur "Split"
  • La centrale à eau glacée. (Chiller)

Le climatiseur portable

Je considère ce type d’appareil comme une solution provisoire ou de dépannage.

Ces appareils sont peu puissants et refroidis air et d’un rendement plutôt moyen, environ 5000 BTU sous 115 ou 250 volts, et sont capables de rafraîchir une cabine, guère plus. Ils sont généralement prévus pour être installés sur un capot de pont ouvert, et sont équipés de pièces de toile pour rendre l’ensemble étanche à la pluie. Pour un petit bateau, cela peut être une solution intéressante pour passer des nuits sereines dans une marina (trop) bien abritée.

Le climatiseur monobloc

Là, on passe à un système plus élaboré. Les puissances vont de 5000 à 24000 BTU. C’est une installation fixe, nécessitant un circuit d’eau de mer. Donc un passe coque, une vanne, un filtre, une pompe et un rejet. Ce rejet devra être installé le plus près possible de la surface de la mer, afin de ne pas avoir à subir et à faire subir aux voisins le bruit de chute d’eau toute la nuit. S’il y plusieurs unités, on peut utiliser une seule pompe dont la taille sera en fonction du nombre d’unités et de leur puissance, les condenseurs étant connectés en parallèle ou en série.

Pour les bateaux en 24 volts souvent dotés de parcs batteries conséquents, on peut installer un groupe de 3000 BTU bien sûr refroidi eau qui va consommer environ 20 A, soit environ 120 Ah pour une nuit de 6 heures sans faire tourner le générateur. Très agréable pour le repos de l’équipier entre deux quarts en zone tropicale humide !

Le climatiseur "Split"

C’est le même que le précédent, sauf qu’il est scindé en deux parties : d’un côté le compresseur et le condenseur, de l’autre côté le ventilateur et l’évaporateur. Avantages : comme on a deux morceaux, il est plus facile d’utiliser les volumes disponibles, et la partie compresseur / condenseur peut être installée par exemple dans le compartiment moteur, qui la plupart du temps est insonorisé. La partie évaporateur / ventilateur deux fois plus petite est bien plus facile à caser qu’un monobloc, et bien sûr beaucoup moins bruyante. Il existe même des versions bi-split, c’est à dire un compresseur et deux évaporateurs, intéressantes pour climatiser deux cabines identiques. Attention : il n’y a qu’un seul thermostat, et les deux évaporateurs fonctionnent obligatoirement en même temps.

La centrale à eau glacée

On rencontre ce genre d’installation sur des bateaux à partir de quinze mètres. Principe de fonctionnement : il y a deux circuits d’eau. Celui d’eau de mer pour le ou les condenseurs, et un circuit fermé et pressurisé d’eau circulant dans tout le bateau dans des tuyauteries soigneusement isolées. Cette eau est mélangée à des produits anti-corrosion, pour protéger les divers composants du circuit.

Les puissances partent de 16000 BTU, pour atteindre des puissances de plusieurs centaines de milliers de BTU. Pour un monocoque de 25 mètres, ou un catamaran de 18 mètres, on installe couramment 50000 BTU.

D’un côté nous avons la centrale à eau glacée constituée d’un ou plusieurs compresseurs, et pour chaque compresseur un échangeur eau de mer (le condenseur), et un échangeur pour l’eau glacée (l’évaporateur). Dans le reste du bateau sont installés des convecteurs où circule l’eau glacée, dans chaque cabines et dans tous les endroits que l’on souhaite rafraîchir. Ou chauffer l’hiver, en inversant le cycle.

Il existe deux types de convecteurs :

  • Le modèle bas de gamme est équipé d’un ventilateur piloté par un thermostat, et l’eau y circule en permanence. Il n’est pas très agréable d’entendre le ventilateur s’arrêter et démarrer tout le long de la nuit, surtout pour les personnes au sommeil léger. Ce n’est pas le bruit qui réveille, mais le changement de celui-ci.
  • Le modèle haut de gamme est plus sophistiqué : le ventilateur tourne en permanence, et le thermostat pilote une vanne by-pass motorisée par un micro moteur très lent, ce qui rend le processus parfaitement inaudible. Le rôle de cette vanne est de renvoyer l’eau glacée (ou chaude) qui arrive au convecteur dans le circuit sans qu’elle ne traverse celui-ci.

Quelques conseils :

  • Pour une centrale de 50000 BTU alimentée en courant monophasé, il vaut mieux éviter de prendre un modèle à un seul compresseur dont l’intensité au démarrage est très importante. Une version utilisant deux, voire trois compresseurs fera moins souffrir le groupe électrogène. En outre, si le bateau se trouve dans un port où les prises électriques sont trop faibles pour alimenter un compresseur de 50000 BTU, elles seront peut être assez puissantes pour en alimenter un de 25000 BTU. Dans ce cas, le choix de deux compresseurs permettra de climatiser entièrement le bateau à 50% de la puissance, alors qu’avec un seul gros compresseur on n’aurait rien pu climatiser. Avec trois compresseurs, c’est encore plus souple. Évidemment, le prix n’est pas exactement le même… Il est bien sûr toujours possible de laisser tourner le groupe électrogène au port, mais ce serait dommage, et pas très agréable pour les voisins !
  • Sur les installations bi et tri compresseurs de conception un peu ancienne, la gestion de la température de l’eau réfrigérée n’est assurée que par un seul thermostat, avec des temporisations pour chaque compresseurs. Ceux-ci démarrent les uns après les autres, mais s’arrêtent tous en même temps lorsque la température de consigne est atteinte. La manière de faire fonctionner la centrale beaucoup plus souplement consiste à installer un thermostat temporisé pour chaque compresseur. Les thermostats seront réglés exactement à la même température, tandis que les temporisations auront dix secondes d’écart entre elles. Pour une centrale équipée de trois compresseurs, on aura au plus chaud de la journée entre deux et trois compresseurs en fonctionnement, et la nuit entre un et deux, voire zéro et un compresseur en service. C’est une modification très facile à mettre en œuvre, et peu onéreuse. Les esprits chagrins objecteront que les compresseurs n’auront pas le même nombre d’heures de service au bout d’un certain temps, mais en fait, si les thermostats sont réglés à la même température, ils vont fonctionner de manière aléatoire et la moyenne sera correcte. Les centrales modernes sont gérées électroniquement.
  • Les installations les plus récentes fonctionnent avec des compresseurs triphasés alimentés par des convertisseurs (inverters) à fréquence et tension variable, ce qui a d’énormes avantages : le compresseur fonctionne entre 10 et 100% de sa puissance, ne s’arrête jamais, évitant ainsi les pics d’intensité au démarrage, permettant ainsi le choix d’un groupe électrogène bien moins puissant.
  • Attention à l’eau de condensation : je constate trop souvent que les drains vont tout simplement à fond de cale, ce n’est pas une bonne idée, car les fonds sont ainsi toujours mouillés alors qu’une climatisation permet justement d’assécher le bateau. Cette eau doit être collectée et amenée jusqu’au puisard. Si c’est trop compliqué, on peut installer un petit bac pour douche équipé d’une petite pompe de cale et d’une commande à flotteur. Cette pompe de reprise permettra d’évacuer proprement les condensats. Encore plus simple, un extracteur de condensats de type "venturi", monté en série dans la tuyauterie eau de mer à la sortie du condenseur. Les condensats seront ainsi directement évacués à la mer. A noter que ce système n’est pas utilisable pour les convecteurs d’une centrale à eau glacée.
  • Cas des bateaux en bois classique. Il vaut mieux éviter de climatiser ce genre de construction, à moins d’avoir un contrôle et une régulation précise de l’hygrométrie, sous peine de voir les bordés s’ouvrir… Il n’y a pas ce type de problème pour les constructions en bois moulé.